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Donner la priorité à la transparence algorithmique dans un monde axé sur les données en Nouvelle-Zélande

Ce blog est partie d'un Series d'étudiants de l'Institut de Sciences Politiques de Paris qui interviewé réformateurs travaillant sur des initiatives reconnues par le réseau des leaders OGP. Lire la série ici

En tant que membre de la Open Government Partnership depuis 2013, la Nouvelle-Zélande est une nation fortement engagée dans la lutte contre la corruption et la transparence gouvernementale. Cela a conduit à un certain nombre de projets de collaboration entre le gouvernement, la société civile, le secteur privé et des partenaires internationaux. À présent, le gouvernement néo-zélandais s'efforce d'améliorer sa transparence et sa responsabilité dans l'utilisation des algorithmes; un projet qui bénéficie d'un haut niveau d'engagement de la société civile. 

Nous avons discuté de ce partenariat gouvernement-société civile avec Penny Ehrhardt, Conseiller principal en politique au département gouvernemental pour les données, Stats Nouvelle-Zélandeet Laurence Millier, Membre avec autorité déléguée de l'organisation de la société civile Transparency International Nouvelle Zélande (TINZ).  

Transparence algorithmique en Nouvelle-Zélande - par où tout a-t-il commencé?

Lorsqu'ils sont utilisés par les gouvernements, les algorithmes permettent une meilleure compréhension des citoyens, ce qui aide le gouvernement à prendre des décisions plus éclairées et à fournir des services plus efficaces. Cela a incité le gouvernement néo-zélandais à aborder la question complexe de la transparence algorithmique, afin d'accroître la confiance du public dans la prise de décision gouvernementale. À la suite d'un examen en 2018 de la manière dont les agences gouvernementales utilisent les algorithmes pour améliorer la vie des citoyens, le gouvernement néo-zélandais a ensuite collaboré avec un certain nombre d'acteurs de la société civile pour mettre en œuvre le Charte d'algorithme pour Aotearoa Nouvelle-Zélande en juillet 2020. Cette charte représente un engagement gouvernemental à gérer soigneusement la manière dont les algorithmes sont utilisés en Nouvelle-Zélande. Il décrit l'objectif du gouvernement de minimiser les biais algorithmiques involontaires et, par conséquent, d'utiliser la puissance des algorithmes pour assurer une meilleure prestation de services aux Néo-Zélandais tout en maintenant la confiance du public dans leur utilisation par le gouvernement.

TINZ a été l'un des principaux contributeurs de la société civile à la Charte et continue désormais d'exercer une pression positive sur le gouvernement afin d'encourager une plus grande transparence. Représentant cette organisation, Laurence Millar a décrit le travail avec le gouvernement comme un partenariat «critique mais amical». Pour les deux parties, l'objectif est clair: rendre compte de ce que le gouvernement a fait, de ce qu'en pense la société civile, de ce qui peut être appris du projet et de la manière dont l'exemple de la Nouvelle-Zélande peut être utile à d'autres pays. La Charte est donc accueillie comme une bonne première étape dans le cheminement de la Nouvelle-Zélande vers la transparence algorithmique. 

Quel a été le rôle de Open Government Partnership (OGP)?

De manière générale, OGP peut être considéré comme l'organisation mère de ce projet, comme le ttroisième plan d'action OGP pour la Nouvelle-Zélande (2018-2020) a réuni les organisations. Comme l'a souligné Penny Ehrhardt de Stats New Zealand, «l'élan fourni par une plateforme internationale de gouvernement ouvert peut créer un cercle vertueux».

Principaux défis du projet

La lutte contre les biais algorithmiques est un problème clé, en particulier en raison de la population autochtone Mauri du pays qui a du mal à être reconnue par les algorithmes. À cet égard, le gouvernement travaille en partenariat étroit avec le Data Iwi Leaders Group: des leaders autochtones dans le secteur des données. Une priorité clé est de reconnaître que les algorithmes contiendront toujours des biais et d'essayer d'y faire face de manière proactive. Un autre défi pour ce projet a été l'élaboration d'une charte avec une large adhésion dans l'ensemble de la fonction publique, puisque les signataires sont ajoutés sur une base volontaire. Le gouvernement s'est donc engagé à simplifier au maximum la mise en œuvre de la Charte. 

Quelle est la prochaine?

Le partenariat entre le gouvernement et la société civile sur la transparence algorithmique continue d'évoluer. Pour l'avenir, le gouvernement s'est engagé à procéder à un examen indépendant de la Charte à la mi-2021, un an après son adoption. Une autre priorité est de faire connaître l'exemple de la Nouvelle-Zélande à un public international plus large. À moyen et long terme, TINZ considère l'éducation civique dans les écoles primaires et secondaires comme un moyen viable de sensibiliser le public aux algorithmes. Pour le gouvernement comme pour la société civile, plus le rôle et le contenu des algorithmes peuvent être clairement communiqués, plus les citoyens auront confiance. L'engagement multipartite restera donc la clé de la transparence algorithmique en Nouvelle-Zélande. 

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