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Portugal
Développer la participation publique numérique

Marché

Niveau de gouvernement : Nationales

Institution principale: Agence pour la modernisation administrative (AMA)

Domaines de défi : Participation du public


Description

Description de la réforme L’action à mettre en œuvre vise à remédier à l’érosion de la crédibilité démocratique, à la faible participation électorale, à la montée des mouvements extrémistes et à la méfiance croissante du public envers les institutions, en promouvant la participation civique grâce aux technologies émergentes. 

Dans ce domaine, l'Agence pour la modernisation administrative (AMA), par l'intermédiaire de l'Instrument d'appui technique (IAT) de l'Union européenne, mène un projet visant à promouvoir la participation civique à travers les technologies émergentes, en collaboration avec des partenaires tels que l'Institut national d'administration publique (INAP) d'Espagne, le Digicampus des Pays-Bas et avec le soutien technique de l'OCDE par l'intermédiaire de l'Observatoire de l'innovation dans le secteur public (OPSI) et de l'Unité de gouvernement ouvert, d'espace civique et de communication publique. 

Ce projet vise non seulement à explorer mais aussi à influencer activement les politiques publiques dans le domaine de la participation civique grâce aux nouvelles technologies. L'action s'intègre dans la stratégie numérique nationale portugaise, plus précisément dans l'initiative 4 – « Participation civique par le biais des technologies numériques ». Cela comprend le développement de nouvelles fonctionnalités et capacités pour la plateforme portugaise de participation civique numérique (participa.gov.pt) et le renforcement des mécanismes de participation civique numérique, élargissant les canaux d'interaction entre les citoyens et le gouvernement. 

Problème(s) traité(s) par la réforme Cette action vise à répondre aux problèmes publics urgents qui affectent la santé des démocraties modernes, en particulier la faible participation civique et la méfiance croissante envers les institutions publiques. Ces problèmes se manifestent par plusieurs indicateurs, tels qu’une forte abstention électorale, une perception répandue selon laquelle les opinions et les contributions des citoyens ne sont pas suffisamment valorisées dans les processus décisionnels et la popularité croissante des mouvements populistes et extrémistes. Des données récentes confirment cette préoccupation : l’enquête de l’OCDE sur la confiance 2023 révèle que seulement 31.53 % des citoyens portugais font confiance à leur gouvernement, un pourcentage significativement faible. L’étude met également en évidence une confiance moindre parmi des groupes démographiques spécifiques, tels que les femmes, les jeunes et les personnes ayant un niveau d’éducation inférieur, soulignant les inégalités existantes dans la perception de la crédibilité institutionnelle. L’absence d’alternatives efficaces aux modèles traditionnels de participation civique contribue à l’exclusion de groupes sociaux importants, tels que les jeunes, qui se sentent souvent sous-représentés et démunis pour influencer les politiques publiques. Ce besoin, en plus d’être visible au quotidien, est renforcé par les résultats de l’Examen de l’Espace Civique que nous avons réalisé en 2022 avec l’Observatoire de l’Espace Civique de l’OCDE. Cette étude a souligné l’urgence de promouvoir la création de nouveaux espaces de participation civique et de favoriser leur adoption par les organisations et la société civile.  

D’autre part, l’émergence de nouvelles technologies, qui ont changé la façon dont nous communiquons et interagissons entre nous et avec les organisations, ouvre une fenêtre d’opportunité pour intégrer la participation citoyenne dans les routines d’accès aux produits et services publics. 

Notre action vise à combler ces lacunes et à offrir de nouveaux canaux de participation, en s’alignant sur les recommandations de l’OCDE visant à accroître la participation et à améliorer la coordination des pratiques participatives existantes, dans le but de construire une société plus engagée et plus confiante dans ses institutions. 

Source : Enquête de l’OCDE sur la confiance 2023, disponible sur www.oecd.org/governance/trust-in-government/ Cette action constitue une étape importante et innovante vers la résolution des problèmes de faible participation civique et de méfiance envers les institutions, notamment grâce à l’intégration pionnière des technologies émergentes dans les processus participatifs. En explorant des outils tels que la blockchain, l’intelligence artificielle et d’autres innovations numériques, le projet vise à créer des canaux de participation plus accessibles, transparents et engageants, surmontant les limites des modèles traditionnels. Cette approche technologique permettra d’atteindre un public plus large, notamment les jeunes et les groupes historiquement sous-représentés, tout en garantissant une plus grande sécurité, traçabilité et crédibilité des contributions citoyennes. Une transparence accrue dans les processus décisionnels et la capacité des citoyens à suivre l’impact de leur contribution renforceront la confiance dans les institutions et favoriseront un sentiment de co-appropriation des politiques publiques. Le projet européen TSI 23PT04 « Améliorer la participation civique grâce aux technologies émergentes », dont AMA est un partenaire clé, a déjà démontré le potentiel de ces technologies pour améliorer l’engagement civique, en particulier chez les jeunes. Cette expérience antérieure valide l’approche et soutient l’espoir que cette action non seulement augmentera la participation mais améliorera également sa qualité et son impact réel sur l’élaboration des politiques, favorisant ainsi une démocratie plus inclusive et plus réactive. 

Pertinence par rapport aux valeurs de l’OGP L’action proposée est intrinsèquement pertinente par rapport aux valeurs fondamentales d’un gouvernement ouvert, abordant la transparence, la responsabilité publique et la participation civique. 

La transparence est promue grâce à l’utilisation de technologies émergentes telles que la blockchain. Ces technologies créeront des enregistrements immuables et vérifiables de toutes les interactions et contributions dans les processus participatifs, garantissant une traçabilité complète et sécurisée. Les citoyens pourront suivre leurs suggestions et comprendre comment les décisions sont prises, réduisant ainsi l’opacité et favorisant une meilleure compréhension du fonctionnement de l’administration publique. 

La responsabilité publique est renforcée en permettant aux citoyens de participer directement à la formulation et au suivi des politiques publiques. Grâce à un accès clair et vérifiable aux informations sur les décisions et leurs processus, les citoyens peuvent demander des comptes aux décideurs politiques et aux fonctionnaires sur leurs actions et leurs résultats. Ce mécanisme de contrôle direct, rendu possible par les nouvelles technologies, favorise une culture de responsabilité dans l’administration publique. 

La participation civique connaît une expansion exponentielle. L’action vise à créer de nouvelles opportunités plus accessibles d’engagement citoyen, en surmontant les barrières géographiques, temporelles et de connaissances associées aux modèles de participation traditionnels. Les technologies émergentes permettent une participation plus large et plus active des groupes qui sont généralement sous-représentés dans les processus décisionnels, tels que les jeunes, les personnes à mobilité réduite ou celles vivant dans des zones reculées. En outre, l’initiative comprend des activités de sensibilisation et de renforcement des capacités pour promouvoir l’alphabétisation numérique et civique et soutenir des projets qui intègrent les technologies émergentes dans les processus de participation, favorisant une culture d’engagement continu et d’autonomisation des citoyens. 

Cette initiative s’inspire également des lignes directrices du Plan d’action pour la démocratie européenne et vise à activer l’engagement civique, en veillant à ce que les besoins et les attentes des citoyens soient entendus et pris en compte, et en favorisant la transparence et la confiance dans les institutions. En accord avec la vision « L’avenir du gouvernement 2030+ », l’initiative explore le potentiel des technologies émergentes pour revitaliser et élargir la participation civique, rapprochant les citoyens des administrations publiques. 

Résultats escomptés À l’issue de la période de mise en œuvre, les résultats attendus de cette action sont ambitieux et multiformes, visant à transformer significativement la dynamique de participation civique et la relation entre les citoyens et les institutions. 

Tout d’abord, une augmentation substantielle de la participation civique est attendue, avec un accent particulier sur l’engagement des jeunes et d’autres groupes traditionnellement sous-représentés. L’objectif n’est pas seulement d’augmenter le nombre de participants mais aussi de diversifier et d’améliorer la qualité des contributions, en garantissant un éventail plus large de perspectives. 

Deuxièmement, on s’attend à une amélioration significative de la confiance des citoyens dans les institutions publiques. En créant des canaux de participation plus transparents, inclusifs et réactifs, les citoyens se sentiront plus écoutés et valorisés. Ce sentiment d’autonomisation et d’influence réelle dans la prise de décision est essentiel pour restaurer la confiance et lutter contre la désillusion politique. 

En outre, la mise en œuvre de nouveaux outils et processus numériques devrait conduire à une adoption généralisée de méthodologies de participation innovantes. L’expérience acquise grâce à ce projet pourrait servir de modèle à d’autres initiatives gouvernementales, favorisant la modernisation de l’administration publique et la transformation numérique. 

Enfin, le projet contribuera à renforcer la culture démocratique du Portugal en promouvant un dialogue continu et constructif entre le gouvernement et la société civile. Une interactivité accrue et un accès plus facile à l’information et aux processus décisionnels permettront aux citoyens de devenir des agents plus actifs et mieux informés de la gouvernance nationale. 

À la fin de cette initiative, nous disposerons d’un portail national de participation civique basé sur des technologies et des processus émergents qui ont été développés sur la base de processus de co-création collaborative avec des experts et la société civile. 

Jalons Les principaux jalons et activités dans le calendrier défini comprennent : 1) Définir la vision du portail Participa.gov.pt sur la base des résultats du projet TSI et des changements promus par le décret-loi 49/2024. 

       a. Spécification des fonctionnalités basées sur les technologies émergentes issues des prototypes du projet TSI b. Identifier les exigences nécessaires pour soutenir les processus de participation associés au décret-loi 49 (début : mai 2025 ; fin : juillet 2025). 

2) Consultation publique sur les domaines critiques de la participation civique et de la transparence des politiques : a. Enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population pour identifier les défis et les obstacles à l’engagement civique et à la transparence des politiques. Cela comprendra l’intégration des contributions issues des consultations menées par d’autres entités de l’administration publique. 

(Début : juillet 2025 ; fin 2025) 3) Développer les nouvelles fonctionnalités du portail de participation civique - Participa.gov.pt : a. Renforcer les mécanismes de participation civique numérique pour permettre une interaction plus étroite, pratique et sécurisée avec les citoyens (Début : janvier 2026 ; Fin : décembre 2026). 

4) Promouvoir le portail Participa.gov.pt auprès des organismes publics et des citoyens a. Organisation d'événements publics pour diffuser le portail Participa.gov.pt et former les utilisateurs des organismes d'administration publique (Début : septembre 2026 ; Fin : mars 2027). 

5) Projets de participation civique utilisant les technologies numériques : a. Développement de nouveaux projets visant à renforcer la participation civique en intégrant les technologies numériques émergentes dans les interactions entre le gouvernement et les citoyens.  

(Début : janvier 2027 ; fin décembre 2027*). 

*L'évolution de ce système de participation devrait se poursuivre au-delà de la durée du projet, dans le but de mettre en œuvre un processus continu de recherche sur de nouvelles formes de participation et de nouvelles fonctionnalités technologiques, afin de maintenir la plateforme à jour avec les attentes et les besoins des citoyens.

La société civile est-elle impliquée ?

Oui, la société civile est et continuera d’être profondément impliquée, jouant un rôle central et actif dans les phases de conception et de mise en œuvre de cette action/réforme. 

Durant la phase de conception, les organisations de la société civile (OSC) ont été des partenaires clés dans l’identification des problèmes publics et la définition des exigences et des fonctionnalités des solutions. Leur perspective, fondée sur l’engagement direct de la communauté et la compréhension des besoins des citoyens, est essentielle pour garantir que les outils et les processus sont pertinents, accessibles et véritablement utiles. La participation à des ateliers, des séances de co-création et des groupes de travail garantit que la voix des citoyens est entendue dès les premières étapes du projet. 

Dans la phase de mise en œuvre, le rôle de la société civile restera essentiel. Les OSC participeront activement à la validation des solutions développées par le biais de tests pilotes et de commentaires constructifs. Ils seront également partenaires dans la diffusion d’outils et de méthodologies, agissant comme multiplicateurs d’informations et mobilisateurs de participation au sein de leurs réseaux et communautés. Leur capacité à instaurer la confiance et à atteindre des segments de population que le gouvernement seul pourrait avoir du mal à atteindre sera cruciale pour le succès et la durabilité de la réforme. Les associations civiques, les ONG axées sur la transparence et la participation et les groupes de défense des droits des citoyens sont des exemples de partenaires clés dans ce processus. Leur collaboration garantit que les outils développés répondent non seulement aux besoins réels de la population, mais sont également adoptés et utilisés efficacement.