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Indonésie

Réforme réglementaire de l'écosystème philanthropique (ID0155)

Marché

D'un coup d'œil

Plan d'action: Plan d'action pour l'Indonésie 2025-2027

Cycle du plan d'action : 2025

Statut:

Institutions

Institution responsable : YAPPIKA

Institution(s) de soutien : Ministères/Agences : 1. Ministère de coordination pour l'autonomisation du peuple/Coordinateur kementerien Bidang Pemberdayaan Masyarakat (Kemenko PM) 2. Ministère des Affaires sociales (Kemensos) 3. Ministère des Affaires religieuses/Kementerian Agama ONG : YAPPIKA, Perhimpunan Filantropi Indonesia (PFI), termasuk Dompet Dhuafa, Yayasan Penabulu, et Human Initiative

Domaines politiques

Approches participatives, Participation du public, Règlement

Revue IRM

Rapport IRM : en attente d'examen par l'IRM

Premiers résultats : en attente de l'examen de l'IRM

Design i

Vérifiable : en attente d'examen IRM

Pertinent pour les valeurs de l'OGP : en attente d'examen par l'IRM

Ambition (voir définition): En attente d'examen IRM

Mise en œuvre i

Achèvement : En attente de l'examen IRM

Description

Aperçu du projet:

Cet engagement vise à transformer la gouvernance de la philanthropie en Indonésie en renforçant la protection et la participation du public aux activités de philanthropie sociale. Il s'inscrit dans le prolongement des actions de plaidoyer menées par les réseaux de la société civile sur la réglementation de la philanthropie en Indonésie. Cet engagement a pour objectif de faire progresser la réforme réglementaire du secteur philanthropique, et notamment de repositionner le rôle de l'État dans le renforcement d'un écosystème philanthropique fondé sur la justice sociale et les droits humains, au service d'un développement social durable en Indonésie.

Problèmes ciblés

L'insuffisance de la réglementation philanthropique constitue un défi majeur pour la gouvernance de la philanthropie en Indonésie. En pratique, le cadre réglementaire existant – la loi n° 9 de 1961 relative à la collecte d'argent ou de biens, la loi n° 23 de 2011 relative à la gestion de la Zakat et le décret gouvernemental n° 29 de 1980 relatif à la mise en œuvre des dons – a freiné la croissance et le développement de l'écosystème philanthropique indonésien. Ce frein est dû à sa persistance sur des modèles traditionnels (dons ponctuels), à des approches bureaucratiques et restrictives, et à une application incohérente. À l'inverse, les modèles et tendances philanthropiques mondiaux contemporains privilégient des approches écosystémiques et transformatrices, caractérisées par une collaboration multipartite qui stimule la créativité collective. Parmi les conséquences de la réglementation philanthropique actuelle, on peut citer : (1) le chevauchement des compétences entre les institutions gouvernementales, source de conflits d'intérêts ; et (2) la réduction de la participation citoyenne, conséquence de procédures d'agrément complexes et bureaucratiques pour les organisations philanthropiques, notamment les petites et moyennes structures. De ce fait, les programmes conçus par les organisations de la société civile (OSC) tendent à se limiter à l'action caritative et/ou aux activités à court terme, plutôt qu'à viser un impact durable. Par ailleurs, le cadre réglementaire actuel impose des contraintes structurelles aux interventions rapides, notamment en cas de catastrophes naturelles ou de crises humanitaires, car il entrave la distribution efficace de l'aide. En d'autres termes, la faiblesse de la réglementation philanthropique en Indonésie a restreint l'espace civique et la participation citoyenne à la lutte contre la pauvreté. De plus, le potentiel de la philanthropie pour soutenir le développement durable en Indonésie demeure limité en raison de la collecte et de l'utilisation sous-optimales des dons, qu'il s'agisse de fonds, de biens ou de services.

Causes du problème

La réglementation actuelle des organismes philanthropiques en Indonésie restreint l'exercice des droits démocratiques des citoyens et, par conséquent, leurs droits civiques. La loi n° 9 de 1961 relative à la collecte de fonds ou de biens limite la participation citoyenne et les efforts déployés pour atteindre les objectifs de développement durable, notamment la lutte contre la pauvreté, en raison des exigences bureaucratiques d'autorisation de collecte de fonds ou de biens (AFP) et de leurs courtes durées de validité. Les conclusions de YAPPIKA mettent en évidence cinq problèmes interdépendants liés à cette réglementation : (1) des délais flous pour l'obtention de l'autorisation ; (2) des mécanismes d'autorisation longs et complexes, du niveau du district/de la ville au niveau provincial et national ; (3) une courte durée de validité de trois mois pour l'autorisation ; (4) des exigences nombreuses et bureaucratiques pour obtenir une autorisation ; et (5) des incohérences dans les services d'autorisation. Outre ces problèmes d'autorisation, la loi n° 9 de 1961 et ses règlements d'application ne garantissent ni la protection des données personnelles ni le droit à l'information sur l'impact des dons, notamment la transparence quant à l'utilisation des contributions. Ces difficultés sont encore aggravées par les efforts limités déployés par le gouvernement et les institutions philanthropiques pour informer et sensibiliser les donateurs à leurs droits. 2. La loi n° 23 de 2011 relative à la gestion de la zakat attribue de multiples fonctions à une seule entité institutionnelle, notamment des rôles de réglementation, d'orientation, de supervision et de mise en œuvre. Cette concentration des rôles engendre des conflits d'intérêts, en particulier lors de l'élaboration des recommandations aux organismes de gestion de la zakat (OGZ), ce qui entrave la participation du public à la gestion de la zakat. 3. La mise en œuvre du décret gouvernemental n° 93 de 2010 demeure inefficace et difficilement accessible aux organisations de la société civile, aux institutions philanthropiques et aux donateurs. Ce décret est inadéquat en raison de son champ d'application limité et des faibles plafonds fixés pour les dons déductibles. Des dispositions ambiguës entraînent des déductions fiscales souvent disproportionnées par rapport aux efforts nécessaires pour les obtenir (Hartnell, 2020).

Solutions proposées

Pour relever les défis de la réglementation philanthropique en Indonésie, une réforme est nécessaire afin d'adapter le cadre aux besoins de la philanthropie moderne et aux évolutions technologiques. Cette réforme devrait impliquer de multiples parties prenantes, notamment les organisations de la société civile (OSC), les institutions philanthropiques, les donateurs, les bénéficiaires, les universitaires et autres acteurs concernés. Par ailleurs, le gouvernement doit proposer des incitations fiscales plus attractives aux donateurs et aux institutions philanthropiques, et élaborer une réglementation favorisant l'innovation, notamment l'utilisation des technologies numériques dans la collecte de fonds. Après la réforme, une recherche collaborative impliquant le gouvernement, les OSC, les institutions philanthropiques et le monde universitaire est indispensable pour mesurer et évaluer l'impact des innovations et des programmes mis en œuvre, tant pour les philanthropes que pour les communautés bénéficiaires. En termes simples, l'engagement de co-création proposé comprend les éléments suivants : l'élaboration d'un projet de loi sur la promotion de la philanthropie destiné à remplacer la loi n° 9 de 1961. L'élaboration de ce projet de loi impliquerait la révision des règlements d'application connexes, à savoir : la révision du décret gouvernemental n° 29 de 1980 relatif à la mise en œuvre de la collecte de dons ; la révision du décret gouvernemental n° 93 de 2010 ; et la révision du décret ministériel n° 8 de 2024 relatif à l'administration de la collecte de fonds ou de biens. Il s'agirait également de contribuer à la révision de la loi n° 23 de 2011 et de ses règlements d'application, notamment : le décret gouvernemental n° 14 de 2014 relatif à la mise en œuvre de la loi n° 23 de 2011 ; et le décret ministériel n° 19 de 2024 relatif aux organismes de gestion de la zakat. Remarque : ce processus de révision est également subordonné à la décision de la Cour constitutionnelle concernant le contrôle de constitutionnalité de la loi sur la gestion de la zakat, actuellement en cours. Réaliser des recherches collaboratives pour évaluer et mesurer l'impact des améliorations apportées à la réglementation philanthropique dans le cadre de la réalisation des objectifs de développement durable en Indonésie.

Pertinence au regard des 5 enjeux stratégiques de l'OGI

La réforme de la réglementation philanthropique en Indonésie permettra de créer un écosystème philanthropique plus adaptable, participatif et inclusif, tout en générant des impacts plus larges et plus durables. Une telle réforme, fondée sur les principes des droits humains et de la justice sociale, permettra : (i) de renforcer le rôle de la société civile et de la philanthropie en tant qu’acteurs démocratiques et piliers du développement durable ; (ii) de consolider les garanties du droit des citoyens à participer au développement durable par le biais de dons et de collectes de fonds ; (iii) de garantir le droit de solliciter, de recevoir et d’utiliser un soutien financier, notamment de sources nationales ; et (iv) de respecter la diversité, de promouvoir l’émancipation humaine, de soutenir la construction de la paix et de garantir un bien-être équitable, avec pour objectif ultime la justice pour tous.

Pertinence au regard du programme prioritaire du gouvernement

1. La réforme de la réglementation philanthropique en Indonésie est l'une des mesures visant à optimiser et à harmoniser les sources de financement du développement afin de soutenir la réalisation des Huit Asta Cita, notamment en matière d'extrême pauvreté et de réduction du chômage. 2. La réforme de la réglementation philanthropique peut constituer une source de financement alternative et durable pour les organisations de la société civile (OSC) et les institutions philanthropiques en Indonésie, tout en contribuant au renforcement de l'égalité au sein de la société civile, conformément aux efforts déployés pour atteindre la Priorité nationale n° 1. 3. Plus précisément, la réforme du cadre réglementaire de la zakat en Indonésie peut favoriser la mobilisation des fonds sociaux islamiques pour soutenir la protection sociale et l'économie nationale, conformément aux efforts déployés pour atteindre la Priorité nationale n° 2.

Résultats attendus

Les résultats attendus, l'ampleur du changement souhaité et les changements ciblés doivent être décrits de manière évaluable et mesurable, par exemple en termes de changements institutionnels, de comportements, de systèmes et de pratiques, ou encore de réglementation. La co-création et la mise en œuvre de cet engagement permettront de réformer la réglementation philanthropique afin de renforcer un écosystème philanthropique inclusif, participatif et responsable. Cette réforme réglementaire devrait également : (i) renforcer la participation citoyenne et la solidarité civique au développement ; et (ii) accroître le potentiel de financements innovants et alternatifs pour soutenir le développement durable en Indonésie, générant ainsi des bénéfices à long terme pour la société indonésienne et l'environnement mondial. L'impact de ces changements politiques pourra être étayé par des recherches collaboratives impliquant le gouvernement, les organisations de la société civile, les institutions philanthropiques et le monde universitaire.

Plan d'engagement

Indicateurs de résultats | Production | Chronologie

Élaboration de recommandations politiques sur l'écosystème philanthropique en Indonésie par les décideurs politiques et la société civile | Étude sur l'écosystème philanthropique en Indonésie | Document de travail de la société civile sur l'urgence de réviser la réglementation technique relative à l'écosystème philanthropique | Rapport de plaidoyer sur la révision des lois relatives à l'écosystème philanthropique | Rapport de recherche collaborative sur l'impact des améliorations apportées à la réglementation philanthropique dans le cadre de la réalisation des objectifs de développement durable en Indonésie | Résultats finaux estimés pour l'année 1 (M-12) et l'année 2 (M-24)


Engagements