Co-création en action : comment le Bénin met les budgets au service de la population
La cocréation : un levier d’inclusion citoyenne pour une gouvernance budgétaire plus juste et plus transparente
Une nouvelle ère pour les finances publiques au Bénin
Au Bénin, le budget participatif n'est plus un idéal abstrait, mais une réalité vécue. Les citoyens ne sont plus de simples bénéficiaires des services publics. Ils deviennent co-créateurs des politiques budgétaires qui façonnent leur quotidien, marquant ainsi un tournant dans la gouvernance du pays. transparenceSelon les articles de gouvernance de l'OGP, la transparence se produit lorsque "les informations détenues par le gouvernement (y compris sur les activités et les décisions) sont ouvertes, complètes, opportunes, librement accessibles au public... Autres et la responsabilité sont des piliers centraux.
En novembre 2024, le Bénin a franchi une étape majeure en rejoignant l’Union Open Government PartnershipLe Open Government Partnership (OGP) est une initiative multipartite axée sur l'amélioration de la transparence du gouvernement, la garantie d'opportunités de participation des citoyens aux affaires publiques et le renforcement ... Autres (OGP). Décision prise en Conseil des ministres, cette étape importante reflète la profonde détermination du gouvernement engagementLes engagements du PGO sont des promesses de réforme co-créées par les gouvernements et la société civile et soumises dans le cadre d'un plan d'action. Les engagements comprennent généralement une description du problème, des actions concrètes... à l'ouverture et participation citoyenneSelon les articles de gouvernance de l'OGP, la participation citoyenne se produit lorsque «les gouvernements cherchent à mobiliser les citoyens pour s'engager dans un débat public, fournir des commentaires et apporter des contributions qui conduisent à m ... Autres dans les affaires publiques.
Construire sur des bases solides
Le parcours du Bénin vers l’OGP n’a pas commencé en 2024. Il s’appuie sur des années de réformes et de participation active plateformes mondiales tels que la Partenariat budgétaire international (IBP), le Initiative mondiale pour la transparence des finances publiques (CADEAU), et le Initiative collaborative de réforme budgétaire pour l'Afrique (CABRI).
En 2012, le Bénin a obtenu un score de transparence de seulement 1/100 à l'Indice du budget ouvert de l'IBP. Mais plutôt que de se contenter du statu quo, le gouvernement a lancé un effort national pour réinventer sa gouvernance budgétaire. En 2015, ces efforts ont porté leurs fruits : le score du Bénin a atteint 45/100, ce qui lui a valu la reconnaissance du pays comme le pays ayant le plus progressé en matière de réforme budgétaire.
Cette dynamique s'est poursuivie. En 2021, le Bénin a obtenu un score de 65/100, se classant ainsi premier pays francophone d'Afrique et deuxième du continent. Ces progrès ne sont pas le fruit du hasard, mais le fruit de stratégies délibérées : l'institutionnalisation de plans d'action annuels pour la transparence, la création d'outils budgétaires conviviaux et l'introduction de plateformes numériques comme BousProB qui offrent un accès en temps réel aux documents budgétaires et permettent un retour d’information du public.
Une réforme qui a changé la donne est intervenue en janvier 2023, lorsque le gouvernement a transformé son unité de transparence budgétaire en Centre budgétaire ouvert (Pôle Budget Ouvert), lui conférant un mandat plus large pour approfondir la participation citoyenne et intégrer les outils numériques tout au long du cycle budgétaire. Sur les 17 étapes budgétaires du Bénin, 13 incluent désormais des points d'entrée formels pour la participation de la société civile, l'un des ratios les plus élevés au monde.
Tous ces efforts convergent vers une vision commune : rendre les finances publiques plus transparentes, plus réactives et plus responsables.
Impact concret : de la transparence aux résultats tangibles
Les réformes de la gouvernance budgétaire portent leurs fruits. La mobilisation des ressources intérieures a fortement augmenté, les recettes fiscales plus que triplé en huit ans, de 300 milliards de francs CFA à plus de 1 6.5 milliards. Dans le même temps, l'économie béninoise a connu une croissance annuelle moyenne de XNUMX %, bien au-dessus de la moyenne régionale, même face aux crises sanitaires, sécuritaires et climatiques mondiales.
Ces réalisations soulignent une vérité simple : une gouvernance ouverte n’est pas seulement une bonne politique, c’est aussi une économie intelligente.
Quand les citoyens façonnent le budget : deux exemples de réussite
1. Combler le déficit de manuels scolaires (2021)
En 2021, le ministère de la Petite Enfance et de l’Éducation primaire ÉducationLa responsabilité au sein du système d'éducation publique est essentielle pour améliorer les résultats et la réussite, et la responsabilité est presque impossible sans des politiques transparentes et des opportunités de participation ... s'est engagé à fournir des manuels scolaires à chaque élève de première et de deuxième année. Sur le papier, l'objectif a été atteint. Mais des groupes de la société civile, dont Social Watch Bénin et ALCRER, ont découvert une réalité bien différente : des pénuries généralisées dans les écoles.
Une surveillance citoyenne a déclenché une évaluation interne, révélant de graves sous-estimations dans l'évaluation des besoins. Grâce à leur vigilance, le budget des manuels scolaires a été increased de 280 millions à plus d’un milliard de francs CFA, garantissant que les enfants recevront les manuels scolaires dont ils auront besoin l’année suivante.

2. La santé communautaire est financée (2023)
Une initiative triennale de santé communautaire, essentielle à la réduction de la mortalité maternelle et infantile en zones rurales, était menacée. Bien que financée par des donateurs à ses débuts, elle était absente du projet de budget 2023 du gouvernement.
Les OSC sont intervenues une fois de plus, tirant la sonnette d’alarme et plaidant pour sa l'inclusionLes gouvernements participants à l'OGP s'efforcent de créer des gouvernements qui servent véritablement tous les peuples. Les engagements dans ce domaine peuvent concerner les personnes handicapées, les femmes et les filles, les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les tr... Autres. Leur intervention a conduit à la création d’une ligne budgétaire dédiée : « FADEC – Santé Communautaire », initialement dotée d’un milliard de francs CFA, elle est aujourd’hui portée à plus de 1 milliards, soutenant le travail de plus de 4.5 13,000 agents de santé communautaire.

Co-création : la clé d'une gouvernance efficace
Ces exemples illustrent les avantages concrets de la co-création de politiques publiques. Lorsque les gouvernements et les citoyens collaborent, les politiques deviennent plus précises, plus efficaces et plus fiables. La société civile ne se contente pas d'identifier les problèmes ; elle contribue à les résoudre.
De plus, cette gouvernance collaborative renforce la confiance entre les partenaires internationaux en garantissant une plus grande transparence et une plus grande responsabilité dans la gestion des fonds publics.
Regard vers l'avenir : responsabilité partagée, progrès partagé
Le parcours du gouvernement ouvert au Bénin démontre une leçon cruciale : tLa transparence n'est pas une fin en soi, mais un moyen. L'objectif est une meilleure gouvernance, des institutions plus solides et des politiques publiques qui reflètent véritablement les besoins et les aspirations des citoyens.
Alors que le Bénin avance avec son premier OGP plan d'actionLes plans d'action sont au cœur de la participation d'un gouvernement à l'OGP. Ils sont le produit d'un processus de co-création dans lequel le gouvernement et la société civile développent conjointement des engagements en faveur d'un gouvernement ouvert...Le gouvernement s'engage à maintenir cette dynamique. En collaboration avec les citoyens, la société civile et les partenaires au développement, il construit un avenir où les décisions budgétaires sont prises avec le peuple, et non seulement pour lui.
Une nouvelle approche de la gouvernance publique
Au Bénin, l’implication des citoyens dans les processus décisionnels relatifs aux finances publiques n’est plus une idée théorique ou marginale. Elle s’est affirmée comme une composante essentielle d’une gouvernance responsable et tournée vers les résultats. En permettant aux citoyens d’être non plus seulement des bénéficiaires, mais des co-auteurs des choix budgétaires, l’État renforce le lien de confiance avec sa population et améliore la pertinence de l’action publique.
C’est dans cet esprit que la République du Bénin a officiellement rejoint, en janvier 2025, le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO ou OGP, en anglais Open Government Partnership). Cette adhésion, validée par le conseil des ministres, s’inscrit dans la continuité des réformes engagées en faveur de la transparence, de la redevabilité et de la participation citoyenne.
Une dynamique de gouvernance ouverte déjà amorcée
L’adhésion du Bénin au PGO ne constitue pas un point de départ, mais plutôt une reconnaissance des efforts déjà entrepris. Depuis plusieurs années, le pays a intégré plusieurs initiatives internationales, à l’image du Partenariat International pour un Budget Ouvert (IBP), de la Global Initiative for Fiscal Transparency (GIFT), ou encore de la Collaborative Africa Budget Reform Initiative (CABRI).
Toutes ces initiatives ont pour objectif commun d’accroître la transparence des processus budgétaires, de renforcer les mécanismes de participation publique et de garantir une meilleure redevabilité dans la gestion des ressources publiques.
Un cadre institutionnel consolidé
La réussite de ces engagements repose sur un socle institutionnel solide. Au Bénin, ce socle s’est renforcé au fil des années, notamment à travers la création du Pôle Budget Ouvert, une structure dédiée au sein de la Direction générale du Budget. Cette structure joue un rôle clé dans l’animation du dialogue entre les administrations publiques et les parties prenantes : organisations de la société civile (OSC), médias, secteur privé, élus locaux, et citoyens.
Ce dialogue se traduit de manière concrète dans l’élaboration du budget national. En effet, sur les 17 étapes que comprend le cycle budgétaire au Bénin, 13 offrent désormais des espaces formels d’interaction avec la société civile. Ce mécanisme d’inclusion est complété par des outils numériques, à l’image de l’application « BousProB », qui permet aux citoyens de suivre et commenter les différentes étapes du processus budgétaire.
Des résultats concrets : transparence et performance
Ces réformes ont permis de moderniser la gestion budgétaire, mais aussi de renforcer la confiance des citoyens envers l’État. L’ouverture progressive de la gouvernance a contribué à améliorer la mobilisation des ressources internes, comme en témoigne l’évolution des recettes fiscales : elles ont plus que triplé en huit ans, passant de 300 milliards de FCFA à plus de 1 000 milliards de FCFA.
Dans le même temps, la croissance économique annuelle s’est maintenue à un niveau solide, avec une moyenne de 6,5 %, contre 5,2 % pour la moyenne régionale, malgré les nombreux chocs exogènes liés aux crises sanitaires, sécuritaires ou climatiques.
Quand la société civile influence la décision budgétaire : deux études de cas
1. Manuels scolaires : réajustement budgétaire grâce à la vigilance citoyenne (2021)
Lors du cadrage du budget 2021, le ministère de l’Enseignement maternel et primaire s’était engagé à assurer l’accès à un manuel de français et de mathématiques pour chaque élève du CI et CP. Un indicateur de performance essentiel pour le secteur.
Cependant, les organisations de la société civile (OSC), notamment Social Watch Bénin et l’ONG ALCRER, ont signalé une contradiction entre les chiffres officiels et la réalité du terrain. Alors que les documents budgétaires faisaient état d’une couverture à 100 %, les écoles faisaient face à une pénurie manifeste de manuels.
Cette alerte citoyenne a déclenché une enquête interne, révélant des défaillances dans les mécanismes de collecte d’information remontant depuis les établissements scolaires. Le diagnostic a mis en évidence une sous-évaluation des besoins réels.
Conséquence directe : l’enveloppe budgétaire allouée à l’achat de manuels a été revue à la hausse, passant de 280 millions à plus d’un milliard de FCFA. Grâce à ce réajustement, l’objectif de couverture a pu être atteint de manière effective l’année suivante.
2. Santé communautaire : une ligne budgétaire créée sous l’impulsion des OSC (2023)
Un programme triennal de santé communautaire, soutenu par des partenaires techniques et financiers, visait à déployer des agents de santé dans les zones rurales éloignées. L’objectif était de répondre à un déficit en personnel médical, et de réduire la mortalité infantile et maternelle.
La convention prévoyait que l’État prenne le relais du financement à l’issue de la phase initiale. Pourtant, lors de la préparation du budget 2023, la poursuite du programme n’apparaissait pas dans les documents prévisionnels du ministère de la Santé.
Les OSC ont alors réagi rapidement en alertant la Direction générale du Budget. Cette intervention a permis de rétablir la priorité politique du programme. Une nouvelle ligne budgétaire, baptisée « FADEC – santé communautaire », a été créée avec une dotation initiale de 1 milliard de FCFA. Aujourd’hui, elle dépasse 4,5 milliards de FCFA, finançant le travail de plus de 13 000 agents de santé communautaires.
Une gouvernance ouverte, au service de l’efficacité publique
Ces deux exemples illustrent la manière dont la participation citoyenne contribue à améliorer la qualité des décisions budgétaires. Elle permet non seulement d’identifier les écarts entre les intentions et la réalité, mais aussi d’ajuster les politiques en temps réel.
La collaboration entre l’État et les OSC renforce également la crédibilité du processus budgétaire auprès des partenaires techniques et financiers, en apportant des garanties de suivi, de transparence et de performance.
Conclusion : co-construire pour mieux servir
L’expérience du Bénin montre que la gouvernance ouverte n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’agir de manière plus juste et plus efficace. En mobilisant toutes les parties prenantes – administration, société civile, élus, citoyens –, le pays s’inscrit dans une logique de co-responsabilité.
Les résultats observés, tant sur le plan économique que social, démontrent qu’il est possible de bâtir un modèle de gestion publique plus inclusif, plus transparent, et plus aligné sur les besoins réels des populations.
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