Pourquoi la politique de défense européenne doit lutter contre la désinformation
L'Europe renforce sa défense collective face à l'escalade de la désinformation, des sabotages et des cyberattaques. Mais les mesures militaires seules ne suffisent pas. Notre meilleure défense réside dans des démocraties résilientes.
La guerre traditionnelle évoque des images de tranchées et de raids aériens. Mais la réalité contemporaine de l'Europe est bien différente. Depuis février 2022, les membres de l'OTAN ont été pris pour cible par plus de Attaques 150, depuis les cyberattaques qui ont perturbé les horaires des trains jusqu'aux attentats ratés et aux complots terroristes.
Cette nouvelle guerre « hybride » ne commence pas par la conquête, mais par le chaos. Elle brouille les pistes entre réalité et fiction, cherchant à saper la confiance du public par la désinformation et le sabotage. Son objectif : affaiblir la démocratie.
Dans ce nouveau paysage, des États comme la Russie recourent à des techniques de « force tranchante » pour étendre leur influence, en diffusant de la propagande et en semant la confusion. De telles menaces hybrides pour le mode de vie européen exigent des réponses hybrides. Si la reconstruction de la capacité physique de l'Europe à se protéger est essentielle, nous devons également renforcer nos fondements démocratiques pour répondre aux menaces modernes.
Lorsque les 800 milliards d'euros Plan ReArm Europe Lancé en mars, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré que nous étions désormais entrés dans « l'ère du réarmement ». Le plan, qui comprend cinq volets, vise à renforcer les capacités de défense des États membres par le biais du financement, de la recherche et du développement et de nouvelles usines. Dans un contexte de menaces conventionnelles, cela suffirait. Mais nous ne sommes pas encore dans cette situation. Un outil à notre disposition est la lutte contre la désinformation.
L'Europe de l'Est et du Nord comprend l'ampleur du problème. 80 % des Estoniens disent qu'ils ont rencontré désinformation en l'espace d'une semaine. L'Estonie a réagi en l'éducation aux médias dans les écoles. Aider les citoyens à reconnaître et à résister à la désinformation étrangère renforce la cohésion collective. Sécurité, solidarité, ainsi empressement.
Les innovations venues d'Estonie offrent des lueurs d'espoir, parallèlement à la politique prometteuse de Bruxelles. Présidence polonaise du Conseil de l'UE Par exemple, elle a donné la priorité à la résistance à l'ingérence étrangère et à la désinformation. Bouclier de la démocratie, cela peut contribuer à faire de ce phénomène une réalité grâce à un mélange d’efforts de démystification, de soutien aux journalistes et de programmes d’éducation aux médias.
Mais une approche exclusivement gouvernementale pour contrer la désinformation risque de se retourner contre elle. Alors que les législateurs se réunissent à Bruxelles, ils devraient reconnaître ce que la désinformation preuve précise : lutter contre la désinformation fonctionne mieux lorsqu’il s’agit d’acteurs extérieurs au gouvernement – la société civile, les médias indépendants et secteur privéLes gouvernements s'efforcent également d'ouvrir les pratiques du secteur privé, notamment grâce à la transparence de la propriété réelle, aux contrats ouverts et à la réglementation des normes environnementales. Spécification technique... Autres.
Pour être efficace, le bouclier démocratique européen doit être conçu de manière à soutenir des réponses multipartites, soutenues à la fois par des ressources et des règles. L'Observatoire européen des médias numériques est un exemple d'initiative existante qui sert de plateforme de coordination entre les vérificateurs de faits, les universitaires et le public dans la lutte contre la désinformation. La collaboration active des acteurs permet ensuite de renforcer les nombreuses voix qui œuvrent pour la défense de la vérité et des valeurs démocratiques.
Mais les menaces collectives exigent des solutions collectives. Mon organisation, la Open Government PartnershipLe Open Government Partnership (OGP) est une initiative multipartite axée sur l'amélioration de la transparence du gouvernement, la garantie d'opportunités de participation des citoyens aux affaires publiques et le renforcement ... Autres (OGP), rassemble les gouvernements et la société civile autour de valeurs partagées de transparenceSelon les articles de gouvernance de l'OGP, la transparence se produit lorsque "les informations détenues par le gouvernement (y compris sur les activités et les décisions) sont ouvertes, complètes, opportunes, librement accessibles au public... Autres, participations, l'inclusionLes gouvernements participants à l'OGP s'efforcent de créer des gouvernements qui servent véritablement tous les peuples. Les engagements dans ce domaine peuvent concerner les personnes handicapées, les femmes et les filles, les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les tr... Autres et la responsabilité. Le mois dernier, à Vilnius, des représentants des gouvernements, de la société civile et du monde universitaire de dix pays se sont réunis à l'occasion de la réunion de l'OGP Nordic+ afin d'explorer comment un gouvernement ouvert peut restaurer la confiance et renforcer la démocratie dans la région. La désinformation est apparue comme un enjeu clé, soulignant la nécessité d'une unité face à l'agression russe, d'autant plus que le soutien américain s'affaiblit dans la région.
Mais la résilience démocratique et la sécurité sont complexes. Pour que l'Europe survive à cette nouvelle ère, elle devra investir dans son soft power et son sharp power. Sinon, le seul réarmement physique risque d'être moins efficace si la résilience démocratique n'est pas assurée. Cela implique de lutter contre la désinformation.
Alors que l'Europe se prépare à un paysage sécuritaire de plus en plus complexe, l'information des citoyens sera indispensable. La voie à suivre doit allier préparation militaire et force civique. La sécurité ne doit jamais se faire au détriment de la démocratie, car la démocratie elle-même constitue la ligne de défense la plus puissante de l'Europe.
Paul Maassen, chef des programmes mondiaux chez Open Government Partnership, apporte plus de vingt ans d'expérience en géopolitique, avec plus d'une décennie chez OGP travaillant sur l'intersection de la gouvernance, de la technologie et de l'engagement civique.
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